Forum Africain de la Finance

Les systèmes d'alerte précoces et les crises bancaires dans les pays à faibles revenus d'Afrique subsaharienne

20.05.2013Pietro Calice

La crise financière mondiale a renouvelé l'intérêt des chercheurs et des décideurs pour les systèmes d'alerte précoces (SAP) et pour les modèles permettant de fournir des alertes de risques sur la probabilité de crises bancaires systémiques sur une base objective et systématique. La plupart des efforts ont été consacré aux économies développées, qui ont été à l'épicentre de la récente tempête. A l'exception du FMI, qui a récemment lancé un programme de recherche destiné à améliorer le cadre de surveillance du secteur financier des pays à faible revenu (PFR), en particulier en Afrique subsaharienne (ASS), peu avait été fait jusqu'à présent pour ces pays.  

Les systèmes bancaires des PFR en ASS se sont généralement montrés résistants lors des récentes épreuves financières mondiales. Ceci est principalement dû aux réformes structurelles qui ont été mises en place dans de nombreux pays lors des dix dernières années dans un contexte de politique macroéconomique sain. La plupart de ces pays ont amélioré leur cadre juridique de supervision, mettant en place des spécifications prudentielles et des règles de supervision. Toutefois, avec l'approfondissement des systèmes bancaires et l'apparition de nouvelles sources de risques, les PFR en ASS doivent  continuer à avancer en renforçant leurs capacités de surveillance et la résilience de leur secteur financier. D'autres actions doivent être entreprises pour examiner l'impact des évolutions macroéconomiques et financières sur les risques bancaires systémiques. Dans ce domaine, les SAP constituent des outils précieux pour les décideurs et les régulateurs dans cette région.  

Dans une étude en cours avec Giovanni Caggiano (Université de Padoue) et Leone Leonida (Université Queen Mary de Londres) nous développons un SAP d'un nouveau genre permettant de prévoir les crises bancaires systémiques dans les PFR en ASS. En particulier, nous étudions un groupe test de 38 pays entre 1980 et 2008. Le choix d'un groupe homogène d'économies contribue à améliorer la précision prévisionnelle des SAP. De plus, bien qu'ils aient subi plusieurs séries de problèmes systémiques, en particulier entre les années 80 et 90, les PFR en ASS n'ont absolument pas été pris en compte dans les documents d'étude de cette période. Nous avons pris en compte une série de variables macroéconomiques et financières qui ont été largement utilisées dans la littérature économique ainsi que comme indicateurs pour décrire les caractéristiques des systèmes bancaires des PFR en ASS.  

Nous avons trouvé qu'une baisse de la production réelle, une dépréciation du taux de change nominal, une forte croissance du crédit intérieur et une mauvaise liquidité du système bancaire  sont quatre indicateurs d'une probable crise bancaire systémique dans les PFR en ASS. Nos recherches montrent qu'une crise bancaire dans ces pays est généralement précédée d'un affaiblissement des fondamentaux macroéconomiques, en particulier d'un ralentissement de l'activité économique et d'une dépréciation de la devise. Étant donnée la faible diversification économique des PFF en ASS, toute baisse du PIB se répercute sur le secteur bancaire sous la forme d'une dégradation générale de la qualité des actifs, ce qui augmente la probabilité d'une crise bancaire systémique, en dehors de tous les autres facteurs.  

D'un autre côté, une baisse du taux de change pourrait amener à formuler l'hypothèse que les crises bancaires des PFF en ASS seraient dues à une trop forte exposition aux risques de change  (FX). Notre étude montre qu'une crise monétaire peut effectivement déclencher une crise bancaire lorsque les banques sont très exposées aux risques de change. Ceci peut mettre en danger le système bancaire lui-même, lorsque des devises affectent son bilan, ou indirectement, par des expositions à des emprunteurs non couverts. De plus, la forte dollarisation de la plupart des PFF en ASS les expose à un risque de ruée sur les dépôts en devise étrangère. Étant donné que les modèles de séparation des devises dans le bilan des systèmes bancaires (position nette ouverte dans chaque devise) et de dollarisation des passifs (de M2 aux réserves) ne sont statistiquement pas très significatifs, nous pouvons en déduire que le moyen par lequel une dépréciation intervient dans un PFF en ASS est de nature principalement indirecte, c'est-à-dire due une exposition à des risques de change au travers d'emprunteurs bancaires.  

Les résultats que nous avons obtenus indiquent également qu'une forte croissance des crédits intérieurs par rapport au PIB précède les crises bancaires. Ceci peut indiquer le pic d'un cycle de crédit, dans lequel règnent des conditions de crédit distendues et la constitution d'un déséquilibre financier par rapport à l'économie réelle aboutit à des défaillances importantes et par conséquent,  à des problèmes bancaires systémiques. Dans le même ordre d'idée, nous avons trouvé que le système bancaire des PFF en ASS est générateur de crise si son activité de crédit dépasse sa base de dépôts. En d'autres termes, la probabilité d'une crise bancaire systémique augmente à mesure que les banques financent une part plus importante de passifs non fondamentaux dans leur portefeuille, ce qui diminue leurs liquidités et les rend plus vulnérables aux retraits de dépôts.  

Nos résultats ont des conséquences sur les politiques, au moment où les régulateurs financiers et les banques centrales des PFF en ASS réaffirment leur ordre du jour financier dans le contexte des récentes réformes, suite à la crise financière mondiale, en particulier au cadre de Bâle III. Nos constatations soulignent la nécessité de mettre en place un cadre macroprudentiel efficace pour compléter la régulation microprudentielle standard, la politique monétaire et les mesures administratives de contrôle des risques financiers inhérents aux contextes non diversifiés et dollarisés. Dans ce domaine, les systèmes financiers des PFF en ASS peuvent bénéficier de dispositions sur le crédit comme des plafonds sectoriels d'exposition au crédit et/ou d'augmentation de crédit, ainsi que de la majoration des barêmes d'évaluation des risques et/ou des provisions sur les prêts en devises étrangères, afin de fournir une meilleure protection contre la concentration des risques et contre les risques de crédit liés aux devises.  

En termes de régulation macroprudentielle, la mise en place des conditions de liquidité définies dans Bâle III peuvent s'avérer des compléments précieux aux règles actuelles de liquidité. D'un autre côté, nos résultats n'indiquent pas de nécessité d'un durcissement des exigences en capital, ce qui constitue la clé de voûte des dernières réformes internationales. Enfin, il est important que les régulateurs financiers dans cette région, avec l'aide des institutions financières internationales, poursuivent leurs efforts de renforcement de leur capacité de supervision, particulièrement dans les contextes de développement rapide du crédit, comme c'était le cas au Nigéria avant la crise bancaire de 2009. En conclusion, les SAP sont des outils précieux pour  la mise en place de politiques mais ils ne sauraient en aucun cas remplacer le savoir-faire des autorités de régulation financière.    

Pietro Calice est le Responsable des projets d'investissement à la Banque Africaine de Développement

Développer un secteur bancaire performant en Afrique : quel rôle pour les institutions financières de développement ?

07.05.2013Julien Lefilleur

L’ Afrique subsaharienne dispose du secteur financier le moins développé au monde. Hors Afrique du Sud, le total des actifs bancaires africains est inférieur à USD 300 Mds, ce qui est près de dix fois plus petit que la taille de bilan de la première banque chinoise et avoisine celui de la troisième banque suédoise. Même si l’on tient compte des différences de PIB, le secteur financier africain reste anormalement peu développé avec un taux de pénétration d’environ 30 %, plus de deux fois inférieur à la moyenne des autres pays en développement. Au-delà de sa taille limitée, le secteur bancaire africain est en outre particulièrement fragmenté : le premier groupe bancaire d’ASS totalise un bilan de USD 17 Mds – soit trois fois moins que la première banque chypriote – et seuls une quinzaine de groupes bancaires ont un total de bilan supérieur à USD 5 Mds.

L’ Afrique compte sur son territoire plus de 500 banques, ce qui implique un nombre important de banques de très petites tailles, peu efficientes car incapables de générer des rendements d’échelles, peu innovantes et affichant souvent des performances médiocres. Ces banques ne sont donc pas en mesure de générer une compétition saine et productive, elles demeurent sur des marchés de niche peu risqués et très rentables, tels que les marchés de dette publique, des changes ou de transfert d’argent (Western Union, …), et n’ont donc quasiment pas d’impact sur le financement du secteur privé. Conséquence de ce sous-développement du secteur bancaire, le volume des crédits au secteur privé n’excède pas 20% du PIB en Afrique, ce qui est le taux le plus bas du monde. Une partie importante des besoins de financement des économies africaines – notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’agro-industrie, des BTP, des télécommunication, de l’énergie, des hydrocarbures ou des mines – sont ainsi assurés par les systèmes financiers extérieurs (bailleurs de fonds, banques internationales, crédits fournisseurs, …).

Encourager l’émergence de  « champions » panafricains   

Pour profiter pleinement des opportunités du continent, le secteur bancaire africain doit être en mesure de faire émerger quelques « champions » panafricains capables de porter les opérations fortement capitalistiques sur leur bilan. Les institutions financières de développement (IFD) peuvent contribuer, par des actions ciblées, à soutenir certains groupes bancaires bien positionnés pour jouer ce rôle. Au-delà des groupes déjà bien constitués (Ecobank, BOA, UBA) – et qui ont été largement accompagnés par les IFD –, deux types d’acteurs peuvent s’avérer de bons candidats: les groupes régionaux ayant déjà atteint une taille critique et les grandes banques des principaux centres financiers d’Afrique. Dans la première catégorie figurent des banques telles qu’Orabank ou BGFI Bank en Afrique centrale et de l’Ouest, I&M, Equity Bank ou Kenya Commercial Bank en Afrique de l’Est ainsi que BancABC en Afrique australe. Ces banques ont une bonne connaissance des marchés dans lesquels elles évoluent mais sont limitées par leurs moyens. Elles peuvent ainsi être utilement appuyées par des apports de capital des IFD, comme celui de FMO dans Afriland First Bank, de Proparco dans I&M et Orabank ou d’IFC dans Equity Bank. Pour ce qui est des principaux centres financiers africains, trois pôles peuvent jouer le rôle de locomotives régionales : le Nigeria, le Maroc et l’Afrique du Sud. Si les deux derniers n’appartiennent pas à proprement parler à l’Afrique subsaharienne, celle-ci constitue leur zone d’expansion naturelle. Les banques de ces pays sont restées longtemps à l’intérieur de leurs frontières et n’ont commencé que récemment leur expansion panafricaine : les banques marocaines en Afrique de l’Ouest francophone, les banques nigérianes et sud africaines en Afrique anglophone. Cette expansion sur des marchés mal connus et difficiles d’accès demeure néanmoins timide. Les plus grosses banques de ces pays restent ainsi encore tournées vers leurs marchés nationaux. Dans ce contexte, les IFD ont un rôle à jouer pour encourager et accompagner ces banques hors de leurs frontières. Proparco et FMO ont ainsi soutenu l’expansion régionale de BMCE en contribuant au rapprochement avec BOA Group, alors que la Société financière internationale (SFI) a par exemple investi dans BCP Maroc pour financer le rachat du groupe Banque Atlantique en Afrique de l’Ouest.  

Des besoins importants / insatisfaits en ressources long terme  

Si les IFD contribuent donc à l’émergence d’un secteur bancaire local, à vocation panafricaine, l’essentiel de leur soutien a jusqu’ici consisté en des financements relativement classiques, en dette long terme ou en fonds propres, pour apporter à ces groupes les ressources longues qui leur manquent. D’autres formes de soutien, plus innovantes, peuvent aujourd’hui être envisagées. Tout d’abord, pour réduire leurs dépendances aux refinancements long terme des IFD, il pourrait être pertinent de les aider à accéder aux marchés internationaux. Des groupes tels qu’Ecobank présentent des fondamentaux qui pourraient certainement leur permettre de se financer à de bonnes conditions sur ces marchés, mais ils sont trop peu connus par les investisseurs hors d’Afrique. Les IFD pourraient contribuer à intégrer les banques africaines aux systèmes financiers internationaux, en garantissant, par exemple, leurs premières émissions obligataires. De même, les IFD pourraient aider les banques locales à mieux exploiter les ressources disponibles sur les marchés nationaux. Les compagnies d’assurance et autres fonds de sécurité sociale ont par exemple des réserves importantes de ressources longues, mais – par méconnaissance du secteur bancaire – peuvent être hésitantes à les placer à long terme auprès des banques. Une partie importante de ces ressources, lorsqu’elles ne sont pas placées sur les marchés bancaires des pays développés, sont investies localement en titre de dette publique. En garantissant par exemple les prêts de ces organismes aux banques de la place, les IFD contribueraient à canaliser ces ressources longues vers le secteur bancaire pour permettre de financer davantage le secteur productif. De la même manière, la plupart des secteurs bancaires africains disposent d’excédents de ressources court terme, qui, bien qu’elles soient très stables, ne peuvent pas être utilisées pour financer l’investissement long terme du secteur privé du fait des contraintes réglementaires de liquidité qui s’appliquent aux banques. Pour permettre une utilisation plus productive de ces ressources, les IFD pourraient explorer la possibilité d’offrir des garanties de liquidité : en assurant aux banques un refinancement en cas de crise de liquidité, elles permettraient à celles-ci de transformer davantage leurs ressources court terme en ressources long terme. Enfin, toujours dans l’optique d’aider les banques à accroitre la maturité de leurs ressources, les IFD pourraient également envisager de dynamiser le marché interbancaire en encourageant les banques à se refinancer entre elles à LT, ou bien pousser les banques à émettre davantage sur les marchés obligataires locaux.   

Des synergies à développer entre les différents marchés  

Consolider les ressources des banques ne constitue cependant pas l’unique moyen pour augmenter leurs capacités d’intervention. Une meilleure utilisation de leurs ressources permettrait également de dépasser les contraintes imposées par leurs tailles limitées. En particulier, développer le marché de la syndication pourrait s’avérer fructueux. En effet, si la pratique de la syndication au sein d’un même pays commence à se développer, les syndications « transnationales » sont en revanche encore très rares : seuls les groupes bancaires ayant des implantations dans plusieurs pays (Ecobank, BOA Group, Standard Chartered, Standard Bank, …)  sont capables d’en initier et ces syndications restent généralement intra-groupe. Les IFD ont certainement un rôle à jouer pour organiser ce marché et encourager les banques à travailler davantage ensemble. Elles pourraient par exemple développer leurs capacités de coordination en proposant des services d’arrangement aux banques locales. Cette voie a été jusqu’ici peu explorée par les IFD, dont les tentatives de syndications se limitent généralement aux projets dans lesquelles elles participent, donc finançables en devises fortes. Elle permettrait pourtant de dynamiser le marché des financements en devises locale, sur lequel les IFD n’ont que peu de levier. De manière plus générale, et toujours dans l’optique de développer les capacités des banques locales, il paraît possible d’améliorer la coopération transfrontalière en encourageant les banques opérant sur des marchés différents à développer des synergies entre elles. Les exemples de partenariats, tels que celui développé entre Nedbank (présente en Afrique australe) et Ecobank (présente dans le reste de l’Afrique subsaharienne) restent l’exception. La plupart des banques ghanéennes par exemple, n’ont aucune banque correspondante en zone UEMOA malgré le positionnement du Ghana au cœur de cette zone, ce qui limite le champ des opérations qu’elles peuvent effectuer avec leurs clients actifs sur cette région. Les IFD pourraient par exemple faciliter le commerce régional en garantissant les banques africaines vis-à-vis de leurs contreparties bancaires dans les pays voisins (tout comme elles le font dans le cadre d’opérations de commerce international entre l’Europe et l’Afrique par exemple). De manière générale, le positionnement transversal des IFD leur permet de rapprocher les banques capables de développer des synergies, et ce faisant, de favoriser l’intégration bancaire régionale et la diffusion de savoir-faire entre différents marchés. Ce type de soutien permettrait aux banques d’apprendre à connaître les marchés voisins en sortant progressivement de leurs frontières, et contribuerait ainsi à renforcer les capacités des systèmes bancaires africains.

Julien Lefilleur a rejoint Proparco en 2004. Après avoir occupé différents postes – notamment au sein du département Banques et marchés financiers –, il a ouvert en 2010 à Abidjan le bureau régional de Proparco pour l’Afrique de l’Ouest. Julien Lefilleur est par ailleurs fondateur et rédacteur en chef de la revue Secteur privé & Développement, publiée par Proparco. Il est diplômé de l’École Centrale de Paris et docteur en économie de l’université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).

Remodeler l'avenir de la Finance

22.04.2013Akwasi Osei

Pauvreté. Dans quelle proportion pourrait-elle être évitée grâce à des simples compétences financières? S'il y a quelque chose que nous avons appris au fil des années, c’est que de mauvaises décisions financières prises par le citoyen économique moyen peuvent être à la base de crises financières et la racine de la pauvreté. Le problème est que la prise de mauvaises décisions semblent être inhérentes à tout le monde - c'est du moins ce qu’a écrit le lauréat du prix Nobel d’économie Daniel Kahneman. C'est pourquoi le monde a besoin d’améliorer l'éducation financière et l'inclusion financière des individus tant qu’ils sont jeunes et encore capables de former des habitudes financières positives. Après tout, ces jeunes sont les futurs dirigeants, investisseurs, décideurs et parents.

Le Président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, a souligné cette année lors du Forum économique mondial que la prévalence de la pauvreté est particulièrement pertinente dans les pays africains ayant une forte population de jeunes. Comme les estimations projettent que les jeunes représenteront 75% de la population totale en Afrique en 2015, une grande partie de la population africaine va entrer dans le marché du travail dans les prochaines années et aura besoin de l'éducation et de l'accès approprié à l'épargne et au renforcement des actifs. Par contraste, en Afrique sub-saharienne par exemple seulement 16,8% des jeunes âgés de 15 à 25 ans détiennent des comptes dans des institutions financières formelles.

Les chercheurs et les décideurs ont commencé à reconnaître que les jeunes ont besoin d'apprendre à gérer les questions financières en même temps qu’ils reçoivent les outils nécessaires pour y participer effectivement. Le manque d'infrastructures nationales pour les enfants et les jeunes à participer dans le système financier reste un obstacle. D'une part, les mécanismes d'épargne formels restent peu attrayantes pour les jeunes en raison des exigences de documents lourds, y compris les cartes d'identité, des lettres de recommandation et bulletin de salaire. D'autre part, les restrictions d'âge légal et le consentement des parents obligatoires peuvent entraver l'ouverture d'un compte. Modifier la manière dont les institutions financières traitent avec les non-bancarisés, population vulnérable financièrement des enfants nécessite une révision de certaines règles sociales et une collaboration efficace.

Il semblerait que ce changement soit en marche. Plus de 80 pays ont célébré la Semaine mondiale de l'argent le mois dernier organisée par Child and Youth Finance International. 20% d'entre eux venaient d'Afrique. Son succès retentissant est le fruit des partenariats noués entre les acteurs nationaux et est un témoignage du fait que les pays africains étaient prêts, désireux et capables de mettre l'accès financier et l'éducation des jeunes sur le devant de la scène. La Zambie a donné le ton pour les initiatives nationales sur la capacité financière pour les enfants et les jeunes sous le patronage de la Banque centrale de Zambie et du Programme de développement du secteur financier. Au Ghana, la première réunion des parties prenantes locales sur l'éducation et l'accès des enfants aux services financiers a eu lieu et HFC Bank a ouvert un compte d'épargne pour plus de 200 élèves du secondaire à Accra. La Banque centrale du Nigeria (CBN) et le Financial Literacy and Inclusion Forum (FLIF) ont organisé conjointement la Semaine Mondiale de l’Argent, en créant des campagnes médiatiques, des spectacles sur la culture financière ainsi que des programmes de sensibilisation scolaire. Il a été reconnu que l'enfant nigérian moyen n'est pas sensibilisé aux questions financières assez tôt et est donc enclin à prendre de mauvaises décisions financières. La Banque Centrale du Nigeria a nommé l'inclusion financière problématique nationale.

Les efforts menés lors de la Semaine Mondiale de l’Argent constituent la première étape vers la création de stratégies nationales qui permettront de remodeler les paysages financiers en Afrique et à travers le monde. Ce n'est que par la collaboration et le partage des connaissances entre les parties prenantes nationales que pourront être mis en place les cadres nécessaires qui permettront d’éduquer et de responsabiliser les générations à venir. En Afrique, de nombreux pays sont en train de créer leurs stratégies pour l'éducation et l'inclusion financière de leurs citoyens. Nous devons nous assurer que les enfants ne soient pas oubliés dans ces efforts.

C’est en remodelant les normes des comportements financiers que nous serons en mesure d'habiliter la prochaine génération et de les aider à devenir les décideurs financiers avisés que nous avons besoin qu'ils soient.  

Akwasi Osei est le coordonnateur régional pour l'Afrique de Child and Youth Finance International (CYFI). CYFI est à la tête d'un mouvement mondial visant à accroître agrandir l'éducation financière et l'inclusion financière des enfants et des jeunes. Il travaille en collaboration avec plus de 100 partenaires dans plus de 83 pays à travers le monde. Le réseau CYFI a pour objectif d'atteindre 100 millions d'enfants dans 100 pays en 2015 en tant que première étape pour atteindre finalement tous les enfants et les jeunes à travers le monde. Le mouvement a reçu le soutien du Secrétaire général des Nations Unies et du G-20.

Approfondissement des marchés obligataires locaux dans l'UEMOA par la titrisation

25.03.2013Anna Selejan

La titrisation est une technique d'ingénierie financière qui permet à un organisme public ou privé de lever des fonds en vendant ses actifs générateurs de flux de trésorerie ou ses futures recettes. Ces actifs sont vendus à un fonds spécialisé, lequel, afin de réunir les fonds nécessaires, émet des titres à revenu fixe sur le marché local des capitaux.

Bien que ce procédé soit largement répandu dans les pays développés et dans certaines parties de l'Afrique (au Maroc, en Tunisie, en Afrique du Sud et au Nigeria), la titrisation est un concept nouveau dans la plupart des pays sub-sahariens. Dans l'UEMOA, la titrisation des actifs est possible depuis 2010, date à laquelle le régulateur régional (le CREPMF) a adopté  les textes nécessaires. La loi correspondante permet la titrisation d'un large éventail d'actifs en FCFA : en plus des prêts hypothécaires classiques, il est possible de titriser toute sorte d'actifs existants et même des flux de trésorerie à venir. Il n'existe aucune restriction non plus sur les entités autorisées à vendre leurs actifs : elles peuvent être des sociétés financières ou non et même appartenir au secteur public. Toutefois, aucune transaction de titrisation n'a encore eu lieu dans cette partie de l'Afrique. Le présent article examine la manière dont la titrisation pourrait contribuer au développement des marchés obligataires locaux.

Le marché de la dette publique dans l'UEMOA pose plusieurs types de problèmes aux émetteurs potentiels comme aux investisseurs. Les frais d'émission sont élevés en comparaison avec d'autres formes de financement de la dette et presque toutes les entreprises candidates doivent faire garantir leurs obligations partiellement ou intégralement par une Institution Financière de Développement (IFD) ou par un fonds de garantie, ce qui augmente les frais. Le marché des obligations est dominé par des émissions souveraines ou quasi-souveraines et il existe peu de différence entre ces obligations et les obligations garanties des entreprises, qui proposent plus ou moins le même profil risque/rendement. La plupart des durées sont sur le segment des 5 ans avec juste quelques obligations émises pour 7 ou pour 10 ans. En bref, l'univers du revenu fixe dans l'UEMOA est assez homogène et il ne propose aux investisseurs que peu de choix en matière de risque, de rendement et de durée.

Le CREPMF a récemment ajouté la possibilité de remplacer une garantie par une note financière attribuée par l'une des deux agences de notation agréées. Ceci permettra une plus grande différenciation du crédit entre les obligations, car les taux d'intérêt correspondraient au risque de crédit réel pour chaque émetteur. Toutefois, la première obligation sans garantie et sur la base d'une note de crédit reste à émettre.

La titrisation des actifs peut constituer une bonne solution de levée de fonds pour les acteurs du secteur public et privé, aussi bien que pour les investisseurs désireux de diversifier leurs portefeuilles, tout en approfondissant sensiblement les marchés obligataires locaux. La titrisation permet aux entreprises de monétiser une partie de leurs actifs de bonne qualité ou revenus à venir, en les vendant à un véhicule de titrisation (SPV) pour se procurer des liquidités sans devoir recourir eux-mêmes aux marchés des capitaux. Si les actifs titrisés ont une valeur supérieure hors bilan (ce qui aboutit à limiter les frais d'emprunt pour ces actifs particuliers par rapport à la solution de leur intégration dans le bilan complet de la société), la levée de fonds par titrisation revient bien moins cher que l'émission de titres de créance. Avec l'arrivée de la notation financière, la titrisation peut ainsi aider à limiter les frais financiers des entreprises qui étaient considérées comme risquées et dont la notation de crédit aurait été inférieure que celle qu'ils peuvent obtenir sur la base d'une partie seulement de leurs actifs.

Par exemple, la première transaction de titrisation qui a eu lieu au Maroc en 2002 s'est portée sur une titrisation hypothécaire pour le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), une banque qui souhaitait restructurer son bilan. Grâce à la vente effective d'un portefeuille d'hypothèques de qualité, le CIH a pu lever 500 millions de Dirham (soit environ 45 millions de dollars) par le biais de l'émission de deux tranches senior et d'une tranche junior. La plus longue des tranches senior (16 ans) a été émise avec un coupon annuel à 7,32%, à peine au-dessus du coupon à 7,1 % associé à l'émission sur 15 ans du gouvernement marocain qui avait eu lieu quelques mois auparavant. Si le CIH avait procédé à une émission en son nom, les frais d'emprunt auraient été beaucoup plus élevés.

Les états font également appel à la titrisation d'actifs actuels et de revenus à venir, afin de limiter leurs déficits budgétaires et de financer des investissements. Vers la fin des années 90, l'Italie et la Belgique ont tous les deux titrisé des créances sociales à venir, les sortant ainsi du bilan afin de réduire leur déficit budgétaire et de se conformer plus facilement aux critères de Maastricht. En 2004, le gouvernement de la RAS de Hong Kong a décidé de titriser les futures recettes de péage des tunnels et des ponts nationaux, réunissant ainsi un montant total de 6 milliards de dollars de Hong Kong (environ 800 millions de dollars américains). Le gouvernement de l'état du Bengale de l'ouest (en Inde) a levé 15 milliards de Roupies (environ 300 millions de dollars) par la titrisation d'impôts prévus sur plusieurs produits pétroliers. À part les recettes instantanées obtenues par d'autres moyens, ces types de transaction permettent aux autorités locales de mieux gérer leurs actifs/passifs, en utilisant les recettes publiques pour refinancer leurs titres adossés à des actifs, et de parvenir à une meilleure analyse coûts-avantages et donc à une meilleure gestion des fonds publics, en identifiant clairement les actifs pouvant être utilisés pour du financement, au lieu de dépendre uniquement des ressources fiscales. Qui plus est, les futures titrisations de flux nécessitent une évaluation de l'environnement légal et institutionnel de l'émetteur souverain, notamment des processus de rétablissement et des règles de revendication des droits, qui peuvent stimuler des réformes institutionnelles nécessaires. Celles-ci peuvent à leur tour avoir des retombées positives sur le niveau de confiance des investisseurs.

Les avoirs titrisés sont choisis avec soin et leur comportement à venir (futur apport de  trésorerie) doit être modélisé avec soin. Cette future trésorerie (et le risque de défaut de paiement qui y est associé) est ensuite structurée en obligations à revenu fixe (tranches) avec des profils risque-rendement différents. Cependant, c'est le même panier d'actifs qui sera utilisé pour  les obligations senior (à faible risque et faible rendement) et pour les obligations junior (à haut risque et haut rendement). L'idée de base est de répartir le risque de manière inégale entre les tranches et de récompenser les investisseurs en fonction des risques qu'ils prennent. Par exemple, les obligations marocaines adossées à des hypothèques dont nous avons parlé précédemment ont été émises sur 3 tranches, chacune présentant des risques, des durées et des rémunérations différents.

L'accès à un panier d'avoirs particulier et la possibilité de choisir le profil de risque-retour sur investissement constituent clairement deux avancées significatives pour le développement des marchés obligataires locaux. Alors que jusqu'à présent, les investisseurs ne pouvaient souscrire qu'à deux types de risques (souverain et quasi-souverain), avec des profils de risque plutôt bas, l'arrivée des obligations adossées à des actifs ouvre la voie aux investisseurs non seulement à de nouvelles classes de risque mais aussi à la modulation du niveau de risque  qu'ils sont prêts à prendre (en s'orientant vers des tranches plutôt senior ou plutôt junior). Les obligations adossées à des actifs introduisent également la notion de risque de crédit réel : celui de ne pas pouvoir récupérer 100 % de son investissement initial ou tous les coupons, selon la performance globale du panier d'actifs concerné.

Les investisseurs institutionnels sont-ils prêts pour ce gros changement ? Tout à fait. Les entreprises et les financiers nationaux sont-ils prêts à ajouter la titrisation à leur liste de possibilités de financement ? C'est moins sûr. La titrisation et l'ingénierie financière en général sont des concepts assez étrangers à la plupart des entreprises dans l'UEMOA. La crise des subprimes n'a pas vraiment contribué à populariser ces concepts de manière positive. Comme les entreprises ont l'habitude de lever des fonds par le biais des banques ou de prêts  d'IFD, une grande partie, sinon la totalité de leurs avoirs est engagée comme garantie, ce qui fait qu'il leur reste peu de marge de manœuvre pour envisager des financements sur la base de ces actifs. La titrisation apporte de nouvelles perspectives pour les avoirs : ils ne constituent plus une fin en soi mais un moyen d'optimiser le financement des sociétés. L'adoption de ce concept prendra probablement un peu de temps et il faudra également un nouvel état d'esprit.

Nous sommes persuadés que la formation est la clé du succès des innovations financières et ceci s'applique également dans l'UEMOA. Une fois que les décideurs des secteurs public et privé auront compris le concept et la philosophie de la titrisation, elle ne semblera plus une solution mystérieuse, complexe ou au bout du compte risquée. Les obligations émises de cette manière iront s'alimenter dans les énormes réserves d'épargne régionale (par le biais des gestionnaires d'avoirs et des compagnies d'assurance) et elles contribueront à améliorer encore l'efficacité des marchés locaux des capitaux.

Anna Selejan a été la directrice générale de l'ALC Titrisation, la première société privée de gestion de titrisation SPV dans l'UEMOA, basée à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Avant la mise en place d'ALC Titrisation, elle a travaillé comme vice-présidente - Gestion de placements auprès de la Securities IC, une société ghanéenne de gestion et d'actifs en titres à revenu fixe et gestionnaire de portefeuille ISR (Investissement Socialement Responsable) avec Allianz Global Investors à Paris (France) pendant plusieurs années. Elle est titulaire d'une maîtrise en économie de l'Université Corvinus de Budapest, en Hongrie et d'une maîtrise en gestion de portefeuille de l'Université Paris XII, France.

Étude de l'assurance “Obra Pa” de MicroEnsure au Ghana

11.03.2013Barbara Magnoni

Aider les africains à faibles revenus à améliorer leur capacité à gérer les risques financiers est un élément clé du développement durable. Les assureurs, intermédiaires et autres acteurs de ce domaine sur le continent africain ont fait des efforts pour développer et améliorer des produits de micro-assurance qui sont intéressants pour les clients et qui constituent des bancs d'essai pour les assureurs. Ce blog étudie l'un de ces produits proposé par un courtier d'assurance pour aider des commerçants et d'autres personnes à gérer les pertes financières dues aux inondations.  

En octobre 2011, le centre d'Accra a été dévasté par des inondations torrentielles qui ont détruit de nombreuses petites entreprises et ruiné nombre de leurs propriétaires. En partenariat avec l'intermédiaire de micro-assurance MicroEnsure et avec l'agence allemande de coopération GIZ, le projet MILK de MicroInsurance Centre a cherché si un produit de micro-assurance aurait pu aider les propriétaires de ces petites entreprises à gérer les conséquences financières de cette inondation. Le produit “Obra Pa” est obligatoire pour les emprunteurs auprès de certaines organismes de microfinancement  et il offre deux avantages à ses souscripteurs : 1) le paiement du capital restant dû et un mois d'intérêt à l'organisme de microfinancement  et 2) un versement de 114 US$.  

Nous avons appliqué la méthodologie “Client Math” de MILK, qui consiste à répondre à certaines questions ouvertes sur la valeur de la micro-assurance en s'aidant d'enquêtes détaillées sur de petits échantillons de personnes assurées et non assurées (20 à 30 dans chaque cas) pour étudier leurs réactions aux chocs de la vie. Pour pouvoir peser la part jouée  par l'assurance dans la réaction face à l'inondation, nous avons évalué le coût total de la catastrophe pour les personnes assurées et les personnes non assurées et nous avons examiné les stratégies financières utilisées par chaque groupe.  

Que ceci nous a-t-il appris ? Que l'assurance seule était insuffisante pour couvrir le coût total d'un choc d'une telle ampleur. Quand notre équipe MILK a rendu visite aux clients après l'inondation, elle s'est aperçue qu'ils ne s'étaient toujours pas remis des effets dévastateurs de cet événement. Ils n'avaient toujours pas récupéré pleinement leur capacité d'emprunt ni retrouvé leur niveau de vente pour leur commerce. Les mécanismes de résistance et les stratégies utilisés par les populations assurées et non assurées étaient les mêmes dans les deux cas : emprunter auprès d'amis et de la famille, réduire les dépenses et utiliser les faibles moyens disponibles pour redémarrer leur activité. Ces résultats sont cohérents avec ceux d'autres études de programmes d'assurance réalisées par MILK en Colombia, en Haïti et aux Philippines. L'assurance soulage un peu mais les assurés ont quand même dû se débattre pour se remettre des conséquences dévastatrices de l'inondation, plusieurs mois après.  

L'un des aspects intéressant du produit semble être l'accès supplémentaire au crédit qu'il fournissait, ironie du sort, pas auprès d'organismes de microfinancement.  La promesse d'un paiement et l'effet d'allègement dû à l'effacement de la dette semble avoir joué un rôle de "garantie" en améliorant la solvabilité des emprunteurs et en leur permettant d'emprunter auprès de leurs amis et de leur famille pour régler les affaires courantes. Nous n'avons pas l'habitude de penser à l'assurance en termes de "garantie" pour un emprunt mais il est évident  que les assurés ont pu utiliser la promesse d'un dédommagement (en particulier quand celui-ci est payé avec retard) comme une sorte de garantie permettant d'emprunter pour couvrir les besoins immédiats en attendant le paiement de ce dédommagement. En comparaison avec les personnes non-assurées qui sont restées endettées et qui ont pas eu une capacité de remboursement plus faible, cette possibilité s'est avérée utile, même si elle n'a été nécessaire que pour compenser la lenteur du règlement des dédommagements. Pour certains clients, cet accès au crédit a été l'un des éléments qui leur a permis de prendre le chemin du rétablissement complet du traumatisme subi, même si ce rétablissement a été lent.  

Les limites du produit ne reflètent que partiellement la volonté de contracter du client. Le produit Obra-Pa au Ghana était obligatoire et ses primes étaient incluses dans les traites des clients d'organismes de microfinancement (MFI). Dans ce contexte, c'était un produit low-cost qui pouvait être intégré dans des traites sans surcharger l'emprunteur de primes séparées et probablement plus élevées. Dans toutes nos études de produits similaires, les MFI ont proposé une couverture obligatoire des biens plutôt que de la mettre à disposition sur une base facultative pour éviter les refus et la faible demande probable. Ceci laisse entendre qu'une meilleure couverture, qui aurait été plus efficace dans le cas de l'inondation, aurait été probablement difficile à vendre sur une base facultative, en particulier aux plus pauvres qui sont plus sensibles aux prix.  

Dans l'étude du cas du Ghana, nous avons identifié certaines limites des produits de micro-assurance qui peuvent aider les micro-entrepreneurs à gérer les effets des catastrophes climatiques. Ces clients ont été confrontés à des risques non couverts dus à à la taille (trop limitée) et au timing (trop lent) du versement des indemnisations d'assurance et ils ont été obligés de compléter cette assurance en mettant en œuvre d'autres stratégies. En revanche, les MFI utilisent ces produits pour transférer les risques météo sur un assureur. Deux bons moyens que les FMI pourraient envisager pour aider les micro-entrepreneurs à gérer les risques météo pourraient être de faire un effort pour soutenir les stratégies non liées au risque et de mieux partager les risques avec leurs clients.  

Vous pouvez lire le dossier complet  "property insurance in Ghana" (l'assurance des biens au Ghana) ainsi que tous les autres documents MILK à l'adresse http://www.microinsurancecentre.org/milk-project.html    

Mme Magnoni est la Présidente de EA Consultants et la responsable de l'aspect satisfaction client pour le projet MicroInsurance Learning and Knowledge (MILK) de MicroInsurance Centre. Elle est conseillère internationale au développement depuis plus de 15 ans dans le domaine de la finance internationale et du développement. Nombre de ses dernières recherches sont centrées sur la compréhension des besoins client et sur ses choix, en lien avec le développement de produits et de programmes facilitant l'accès à la finance, aux marchés et à la protection sociale pour les segments de population à faibles revenus. Elle a conçu des programmes de micro-assurance pour divers organismes, réseaux et agences gouvernementales. Elle gère actuellement la collecte d'informations et leur interprétation pour la compréhension de la valeur de la micro-assurance pour ses clients dans le cadre du projet MILK. Ces études ont aidé l'industrie à comprendre le rôle joué par la micro-assurance dans la diversification des risques financiers par leurs clients. Mme Magnoni est titulaire d'un Master en Commerce International de l'Université de Columbia (New York).

 
 

Pays

 
 

MFW4A SUR

 
 

A propos

A propos

Que pensent de nombreux économistes de renom, universitaires, professionnels du secteur financier, et activistes, des problèmes auquel fait face actuellement le développement du secteur financier en Afrique ? Découvrez - le sur notre blog et partagez avec nous vos opinions !

 

Derniers commentaires

Derniers commentaires

Professeur d'UniversitéBernadette Dia Kamgnia
Quel type de micro-assurance?Epargne Sans Frontière
Microfinace non monétaireMahamadou ALASSANE
 

Archive

 
 
 
AccueilA proposEvénementsActualitésRessourcesNewsletterDCP
Copyright © 2008-2011 All Rights Reserved mfw4a.org